En Galilée, la petite communauté circassienne garde son patrimoine vivant

En Galilée, la petite communauté circassienne garde son patrimoine vivant

Ils sont à peine 5000 âmes, fiers d’être à la fois des musulmans sunnites et des israéliens 

Hani Madaji, Circassien israélien au Musée du Patrimoine circassien en Galilée © Photo Diana Bletter pour Israel21C

Hani Madaji, Circassien israélien au Musée du Patrimoine circassien en Galilée © Photo Diana Bletter pour Israel21C

À 50 ans, Hani Madaji, a pris sa retraite en tant qu’officier des Forces de défense israéliennes, et a décidé de se consacrer à apprendre aux Israéliens ce que sont les Circassiens. « Parce que personne ne sait rien de nous » ajoute-t-il. « Les gens demandent toujours : « Êtes-vous druze ? Êtes-vous chrétien ? Qui êtes-vous exactement ? ».

Les Circassiens sont originaires de la région du Caucase, qui est considérée comme la frontière naturelle entre l’Europe et l’Asie. Ce sont des païens qui se sont convertis à l’origine au christianisme, puis à l’islam au 15e siècle. Vivant dans une région entre la Turquie et la Russie, la mer Noire et la mer Caspienne, ils ont subi de nombreuses invasions, parmi lesquels les Mongols et les Ottomans. Quant à leur combat contre les envahisseurs Russes qui dura 100 ans, il prit fin en 1864. Plus d’un million de Circassiens périrent. Leur dispersion commença alors, et leur installation dans l’empire Ottoman s’est traduit par une diaspora en Turquie, Syrie et Israël à partir de 1878. Avec Internet, ils ont découvert qu’il y avait des Circassiens à Dubaï, ce qu’ils ignoraient auparavant !

Préservation de leur culture

Avec une nombre si faible de représentant, la question de la préservation de leur culture demeure un point central. « Nous sommes une communauté très unie », déclare Madaji. « Nous n’avons pas de chefs spirituels, donc la question est toujours, comment préserver notre culture ? Grâce à ce que nous appelons Adyghe Xabze, un code de conduite qui détermine notre comportement, qui maintient notre tradition et notre culture. Il explique que les mariages ne se font qu’entre Circassiens, et que des moments de rencontre sont organisés avec les Circassiens de Jordanie, de Turquie et de Hollande.

Les Circassiens de Galilée

Les Circassiens israéliens sont répartie dans deux villages : Kfar Kama, en basse Galilée, et Rihaniya, en haute Galilée. C’est à Kfar Kama, à l’ouest du lac de Tibériade, que l’on trouve le Centre du patrimoine circassien. Dans l’autre village circassien, Rihaniya, les touristes visitent le musée circassien situé dans le restaurant Nalchik.

Le Centre du Patrimoine Circassien (Circassian Heritage Center) en Galilée, en Israël

Le Centre du Patrimoine Circassien (Circassian Heritage Center) en Galilée, en Israël

Les Circassiens ont préservé leur langage adyghe, « qui ne ressemble à rien d’autre » selon Hani Madaji. Il s’écrit en cyrillique mais ce n’est pas du russe. Les enfants vont à l’école locale où ils apprennent l’hébreu, l’anglais, l’arabe et le circassien, avant de rejoindre les lycées où l’on enseigne en hébreu. Les hommes font leur service militaire dans l’armée israélienne depuis 1948, et ils ont combattu avec Israël dans ses guerres. « Nous sommes israéliens en tout point » confirme Hani Madaji.

* Sur une population totale d’environ 4 millions de Circassiens, 2 millions vivent en Turquie, 700.000 en Russie, le reste étant principalement en Syrie, Jordanie, Allemagne, Irak.

Source : Israel21C, 14 juillet 2022

Circassiens d'Israël en tenue traditionnelle

Circassiens d’Israël en tenue traditionnelle

 

 

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