Juifs et Arméniens, en musique et ensemble

Juifs et Arméniens, en musique et ensemble

Jeudi 7 mars, a eu lieu la grande soirée annuelle de l’Association Sassoun. association arménienne prônant en France, l’amitié entre les peuples juif et arménien. Elle s’est déroulée, à Issy-les-Moulineaux, dans un auditorium comble en présence de nombreux élus.

Propos d’ouverture de la soirée de Mr Ariel Amar, président de l’Association France-Israël, Alliance Général Kœnig

Bonsoir chers amis,

Ce soir, je me sens en famille
France-Israël est une organisation non confessionnelle, d’amitié entre les peuples de France et d’Israël.

Cet événement célèbre à la fois la richesse, la diversité et surtout la communion de nos cultures et de notre histoire.

Notre histoire, héritage précieux, avec ses défis et ses épreuves et ses larmes, rappelle au monde entier que les peuples juif et arménien sont des peuples vivaces, éternels. On peut les faire souffrir, les malmener, mais ils ne s’éteindront jamais, car ils incarnent ce que résilience et créativité veulent dire.

La musique, d’une manière générale, a le pouvoir de transcender, de traverser les frontières et de réunir les peuples. Cette musique judéo-arménienne, en particulier, nous permet de partager nos émotions, nos rêves et notre histoire.

C’est un hommage que nous rendons à cette histoire partagée. C’est un hommage que nous rendons à notre capacité à surmonter les obstacles ensemble, TOUJOURS, dans un esprit de paix, de tolérance et de compréhension mutuelle.

En ces temps incertains et tumultueux, il est essentiel,bien au-delà de nos deux communautés,
de préserver et de promouvoir l’idée que c’est aussi la diversité culturelle qui fait la richesse et la beauté de notre monde.

Nous devons continuer à nous écouter, à nous respecter et à nous soutenir les uns les autres,
à faire société ensemble.

Avec mes remerciements.

Le mot de Josiane Sberro, vice-présidente de France-Israël (entre 150 autres titres…)

En intermède, il m’était donné de présenter SASSOUN, association à laquelle je suis liée d’amitié depuis sa création en 1992.

1990, c’est la Guerre d’Irak. Israël est sous une pluie de skuds rageurs avec l’interdiction absolue de «  l’ami américain » de réagir. Des morts inutiles, des destructions encore sans raison.

Dans l’esprit de deux jeunes médecins arméniens, il faut venir en aide à Israël : protester, manifester, réagir. Les Docteurs Paul Kieusseian et Loïc Ohanian se mettent ainsi en route pour fonder ce qui est devenu une association vivante et vivace, en perpétuelles réalisations : SASSOUN.

Nous ne sommes, au début, qu’un groupe d’amis en recherche d’objectifs. Sans local, nous devons envahir les appartements privés d’amis parisiens. Nos amis Alex et Monique s’en souviennent encore.

Petit à petit, se forge cette idée d’amitié entre deux peuples qui ont en commun ce que l’on appelle communément la « résilience », pour éviter de reconnaître la réalité.

Deux peuples qui partagent génétiquement des images de terreur, de carnage, de mort, d’enfants assassinés, dans des actes de terreur, que le monde ne supporterait jamais pour des animaux.

Mais ce ne sont que des Juifs et des Arméniens. Nous partageons ce dont nous avons une parfaite conscience de génération en génération : la souffrance dans la solitude, le mépris, le silence.

Nous partageons intimement les valeurs humaines les plus dignes : courage, résistance, reconstruction, espoir !

A toutes les manifestations en faveur d’Israël, la bannière blanche et bleue de Sassoun est en tête pour nous indiquer la route et ne jamais abandonner. Une constance admirable qui n’a jamais baissé la garde, depuis des décennies. Une constance admirable n’attendant rien en retour, offrant présence et amitié à profusion.

Cette soirée de musiques juives et arméniennes au profit d’enfants des deux nations fut un grand moment d’émotion.

Une formation de cordes, véritables prodiges d’exécution, pour nous présenter des airs folkloriques recueillis avant le génocide ; les pages d’une bibliothèque autrefois imposante, détruite au génocide, dont il ne reste que des miettes musicalement reconstruites.

Frédéric Manoukian au piano nous entraîne dans un medley endiablé de sonorités et d’instruments ou les deux sensibilités musicales s’entremêlent, se croisent, et se retrouvent. Magnifique moment d’évasion culturelle.

Enfin les solistes !! Jacinta ; Michèle Tauber, pour le Yiddish et le judéo-espagnol, puis la toute jeune Madeleine, 14 ans, et un avenir en marche déjà évident. De grandes interprètes de la voix et du jeu de scène. Une bien belle soirée de haut niveau.

Merci et longue vie à SASSOUN !

Josiane Sberro

 

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