Paix Émirats Arabes Unis – Bahreïn – Israël… À toute chose malheur est bon

Paix Émirats Arabes Unis – Bahreïn – Israël… À toute chose malheur est bon

C’est aujourd’hui à Washington que vont se signer les accords de reconnaissance entre Israël et deux pays arabes du Golfe : les Émirats Arabes Unis et le Bahreïn. Bien que des femmes et des hommes travaillent sur ce projet depuis de nombreuses années, cela a surpris tout le monde. À l’instar de cette minuscule communauté juive bahreïnie qui salue ce « moment historique, que nous n’espérions pas voir de notre vivant »1.

drapeau des Emirats arabes unisdrapeau bahreini

À toute chose malheur est bon. Que cette paix soit basée sur des intérêts communs, et en premier chef sur des intérêts sécuritaires vis-à-vis de l’Iran menaçant, n’enlève rien à la valeur de cet accord dit d’Abraham. Il a l’immense avantage de changer de paradigme un Moyen-Orient qui bégayait la même musique depuis trop longtemps, se heurtant toujours aux mêmes refus, aux mêmes impasses. Contrairement à ceux qui crient à la trahison des Palestiniens, nous pensons que changer de cadre pourra permettre l’émergence de nouvelles solutions aux conflit israélo-palestinien.

« Nous arriverons avec le temps à une alliance judéo-arabe » David Ben Gourion, 1965

C’est d’ailleurs sans surprise aucune que ces accords sont décriés et rejetés par le Hamas, l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, le Hezbollah, l’Iran et la Turquie. En somme, par ceux qui pensent que reconnaître Israël, c’est renoncer à le détruire ; renoncer à ce vieux pacte de la Ligue arabe adopté le 1er septembre 1967, connu sous les trois « non » de Khartoum2 : non à la réconciliation avec Israël, non à la reconnaissance de cet État, non à la négociation avec lui. Bref, la lutte à mort. À noter toutefois que la Ligue arabe, faute de consensus, a rejeté la demande palestinienne de condamner ces accords.

« La coopération entre Juifs et Arabes peut transformer le Moyen-Orient en l’un des plus grands foyers culturels du monde comme il le fut jadis. Eux seuls peuvent accomplir cela.» David Ben Gourion, 1965

Couverture du livre de David Ben Gourion, "Regards sur le passé, éditions du Rocher, 1965En visionnaire, David Ben Gourion, premier Premier ministre de l’État d’Israël, écrivait en 1965 : « Aussi étrange que cela puisse paraître, nous arriverons avec le temps à une alliance judéo-arabe. Ce n’est pas que je croie seulement à la nécessité vitale d’une coopération politique, économique et culturelle. Les conditions géographiques et historiques la rendent inévitable, indépendamment du temps nécessaire à sa réalisation. Le destin nous a placés proches dans cette partie de la terre. Nous ne quitterons pas notre pays, pas plus que les Arabes. Et à cette situation géographique commune s’ajoutent bien des ressemblances dans notre culture, notre langage et notre histoire. La coopération entre Juifs et Arabes peut transformer le Moyen-Orient en l’un des plus grands foyers culturels du monde comme il le fut jadis. Eux seuls peuvent accomplir cela. »3

 

108 ans après la création du Technion, 100 ans après l’établissement du premier syndicat des travailleurs, la Histadrout, et 72 ans après l’Indépendance d’Israël, voilà la vision de Ben Gourion qui prend forme (sans omettre les accords de paix entre l’Egypte, 1979, et la Jordanie, 1994). Nous sommes heureux, à France-Israël, de partager ces moments qui ouvrent la voie d’une normalisation et rejettent le fanatisme. Nous faisons le pari du succès et de la prospérité au Moyen-Orient en souhaitant que ces accords de paix fassent boule de neige.

 

1 Sur la communauté juive indigène de Bahreïn, lire l’article de Jean-Pierre Allali

2 Réunie au Soudan le 1er septembre 1967, la Ligue arabe adopta ce qui est connu depuis comme le « triple non de Khartoum », ou le sommet réaffirma l’unité des rangs arabes, décida « de multiplier les efforts en vue d’effacer les traces de l’agression et proclame que les territoires occupés sont arabes et que la tâche de les récupérer incombe à tous les pays arabes », proclamant que toute action « sur le plan politique international et diplomatique (…) sera entreprise sur la base des principes reconnus par tous les États arabes et qui sont : pas de réconciliation avec Israël, pas de reconnaissance de cet État, pas de négociation avec lui et réaffirmation des droits du peuple palestinien sur son pays.

3 Regards sur le passé, David Ben Gourion, Ed. Du Rocher, 1965

Extrait du communiqué de la communauté juive du Bahreïn suite à l'accord de paix entre le Bahreïn et Israël, août 2020

Extrait du communiqué de la communauté juive bahreinie suite à l’accord de paix entre le Bahreïn et Israël, août 2020

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