Coronavirus : gestion de la crise sanitaire en Israël

Coronavirus : gestion de la crise sanitaire en Israël

Comme tous les pays, Israël est touché par le coronavirus. Toutefois, et malgré des centres urbains denses (Tel-Aviv bien sûr, Jérusalem, Haïfa), la vague exponentielle ne l’a pas submergé. Pour le moment.

 

Dans une longue déclaration du 1er avril 2020, le Premier ministre d’Israël a rappelé les recommandations de son homologue italien, Giuseppe Conte, avec qui il s’est entretenu : « Bibi, prend les décisions difficiles le plus tôt possible ». Et c’est en effet ce qu’a fait Israël, passant parfois pour incompris au début, en fermant ses frontières avant que la crise sanitaire ne prenne des proportions incontrôlables ; en isolant les personnes malades ; en suivant les déplacements des personnes infectées pour protéger l’entourage et en signalant si lors de vos déplacements vous avez été en contact avec une personne contaminée (application Hamagen), à l’instar de la Corée du Sud.

 

Une étude publiée par un organisme de Hong-Kong le 31 mars classe Israël au 1er rang des pays les plus sûrs concernant le Coronavirus (Source), avec le taux de mortalité le plus bas (0,3%, contre 5,27 % en France par exemple, et 10 % en Italie). Et en effet, la courbe de propagation du virus s’infléchit : le nombre de malades en Israël qui doublait en 4 jours ne double plus qu’en 8 jours.

Etude comparée sur le coronavirus dans le monde (source : Deep Knowledge Group)

Étude comparée sur le coronavirus dans le monde (source : Deep Knowledge Group) : à gauche, classement des pays à risque (du moins au plus risqué) ; au centre, efficacité des traitements ; à droite, niveau de risque des pays (du plus au moins risqué).

 

Toutefois la prudence reste de mise au plus haut niveau du gouvernement, car tout peut encore basculer dans le mauvais sens. Et tout est loin d’être rose. Le secteur des ultra-orthodoxe notamment a mis du temps à intégrer les mesures de confinement, et l’on a pu assister à Bnei Brak à des rassemblements religieux de centaines de personnes ! S’ils commencent à respecter les mesures sanitaires, certains milieux ultra-religieux ont des taux d’infection très supérieurs à ceux du reste de la population. C’est pourquoi le gouvernement a décidé de mettre Bnei Brak en quarantaine et de restreindre les mouvements vers et hors de la ville au strict nécessaire. Les Israéliens rapatriés de l’étranger doivent également observer une période de quarantaine au sein d’hôtels dédiés, de même que les personnes contaminées.

 

Au niveau économique, il y aura d’abord une aide immédiate aux familles et aux seniors en vue des fêtes de Pessah (Pâques

Distribution de nourriture à Rishon Letsion avant Pessah avril 2020

Solidarité à Rishon Letsion (Israël) pour Pessah (Pâque juive)- Credit Stand with us photographer Yosi Alterman

juive) qui commencent le 8 avril : chaque famille recevra 500 sheqels par enfant (jusqu’à 4 enfants), de même que chaque personne âgée. Aucune formalité, aucun bureaucratie : l’argent arrivera directement sur le compte des personnes concernées. Des volontaires et des soldats, d’autre part, se chargent d’apporter aux seniors ce dont ils ont besoin.

 

Sur le plus long terme, le ministre des Finances, Moshe Kahlon, a détaillé un plan d’aide équivalent à 6% du PNB d’Israël. « Nous sommes passés à 1 million de demandeurs d’emploi, c’est un chiffre inconcevable », a-t-il justifié. Il a annoncé que 10 milliards de shekels seront attribués au système de santé, 20 milliards dans « le réseau de sécurité sociale pour les salariés et les indépendants », 32 milliards pour que « les PME puissent continuer à fonctionner », et enfin 8 milliards pour « préserver les moteurs de croissance après la crise » (source : CCFI)

 

Soignants israeliens de coronavirus avec leur photo

Des soignants israéliens ont affiché leur photo pour que les patients atteints du Covid-19 voient leur visage.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, déplorant la situation catastrophique dans le monde et en Israël, a annoncé que des responsables du ministère des Finances avaient voulu lever 3 milliards de dollars, mais avaient finalement reçu plus de 25 milliards (sous forme d’obligations), preuve de la confiance des marchés financiers mondiaux.

 

Mais personnes en Israël ne songe encore à se réjouir. les défis resteront nombreux à relever. A commencer par trouver un vaccin contre le coronavirus (plusieurs instituts de recherche y planchent), et trouver coûte que coûte des respirateurs artificiels. Ce que les services secrets israéliens font, sillonnant le globe pour en acheter. Les industries israéliennes sont également mises à contribution, sommées de se reconvertir pour fabriquer des respirateurs artificiels, et les start-up sont en train d’en mettre au point (voir notre reportage vidéo).

 

Car en Israël, on ne veut pas avoir à choisir entre soigner et laisser mourir. On veut sauver tout le monde.

 

 

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