Interview // Charles Meyer, Israël enseigné aux élèves officiers

Interview // Charles Meyer, Israël enseigné aux élèves officiers

Charles Meyer est vice-président de l’Alliance Européenne pour Israël, un groupement d’associations regroupant 35.000 membres dans 23 pays. Il est également vice-président de l’Association France-Israël, Alliance Général Kœnig, et avocat aux barreaux de Bruxelles et d’Israël.

Elèves officiers de l'école Saint-Cyr Coëtquidan

Portrait d’élèves officiers de l’école spéciale militaire de Saint-Cyr.

Vous avez été invité à donner des cours sur Israël aux élèves de l’École militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, ce mois d’octobre.
Il s’agit en fait des écoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan, car il y a l’école spéciale militaire de Saint-Cyr (ESM) d’une part, et l’école militaire interarmes (EMIA) d’autre part. Toutes deux sont implantées au camp de Coëtquidan, à Guer dans le Morbihan. Elles forment les futurs cadres-officiers de l’armée française. Il y avait également quelques cadets d’écoles militaires étrangères (Italie, USA, Belgique etc.).

Dans ce cadre, pourquoi un cours sur Israël ?
L’école comporte un institut de géopolitique, et c’est dans ce cadre que j’ai prodigué 12 heures d’enseignement sur Israël.

Que leur avez-vous enseigné ?
Le lien entre le peuple juif et sa terre, l’histoire du sionisme, l’histoire contemporaine de l’État d’Israël, le contexte dans le Moyen-Orient, et notamment le conflit israélo-arabe. Je leur ai également donné une vision géopolitique.

Quel est votre lien avec cette école ?
Je suis un ami du professeur Olivier Hanne, qui dirige l’institut de géopolitique à l’école de St-Cyr Coëtquidan. Il me connaît bien et a confiance dans mes connaissances sur le sujet et mon souci permanent de vérité, fondé sur l’exactitude des informations. J’ai déjà participé à un colloque militaire sur la diplomatie, organisé au cercle des armées à Paris il y a 2 ans. Après autorisation de sa hiérarchie, c’est-à-dire le général commandant de l’école, j’ai été invité à donner 12h de cours en octobre 2019.

Les élèves ont-ils été réceptifs ?
Ces jeunes d’environ 23 ans ont un grande soif de savoir et de vérité. En revanche, leur ignorance sur Israël et le Moyen-Orient en général est…abyssale ! À cette ignorance, s’ajoute des strates de désinformation qui leur sont martelées depuis leur plus tendre âge.

Des exemples d’ignorance ?
Les élèves voient Israël beaucoup plus grand qu’il ne l’est en réalité (4 % du territoire français métropolitain, soit 2 petits départements…). Cela peut s’expliquer par la surreprésentation de ce petit pays aux actualités. Plus étonnant, certains élèves estiment que le nombre de Juifs dans le monde à 50 millions, voire 300 millions ! (ils sont en réalité 15 millions à tout casser).

De façon plus géopolitique, il y a une grande méconnaissance de la réalité juridique du conflit Israélo-palestinien. Par exemple, dans le droit international public, l’occupation désigne le fait par une armée de gérer le territoire d’un pays étranger (4ème Convention de Genève). Or la Judée et la Samarie n’ont aucune « nationalité », puisque la Jordanie a renoncé à sa souveraineté sur ces territoires. Il s’agit donc de territoires disputés.

Et des exemples de désinformation ?
Le plus flagrant : le mythe du vol des terres. J’ai invité les élèves à lire Chateaubriand (Itinéraires de paris à Jérusalem), Lamartine, Pierre Loti ou Mark Twain en anglais, qui tous décrivent le pays avant l’arrivée du sionisme : une terre quasiment désertique. Des décisions internatoipnales ont établi et conforté le droit du peuple juif sur la terre ancestrale (déclaration Balfour, conférence de San Remo et décision de l’ONU).

Était-ce une expérience positive ?
Extraordinaire. Cela permet de faire tomber beaucoup de préjugés et de fournir une importante documentation vérifiée et expurgée de propagande. Les élèves, qui sont brillants, intelligents et pourvus d’un bon esprit critique, auront les moyens désormais de se confronter à la désinformation.

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